02/07/2012 - LIBYE

Les quatre employés de la CPI détenus en Libye ont été libérés

Les quatre membres de la Cour pénale internationale (CPI) détenus en Libye depuis le 7 juin ont été remis en liberté. Parmi eux, Melinda Taylor, une avocate australienne qui travaille à la défense de Seïf al-Islam.

AFP - La Libye a libéré lundi quatre fonctionnaires de la Cour pénale internationale (CPI) détenus depuis près d'un mois après une visite à Seif al-Islam Kadhafi, longtemps considéré comme le successeur potentiel de son père.

"Les quatre membres (de la délégation de la CPI) ont été libérés", a annoncé en début d'après-midi Ajmi al-Atiri, commandant de la brigade qui détient le fils de l'ancien homme fort du pays à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, peu après l'arrivée sur place du président de la CPI, le Sud-coréen Sang-Hyun Song.

Après leur libération, les membres de la délégation ont été transférés à Tripoli d'où ils ont pu quitter le pays vers 20H30 (18H30 GMT), selon une source protocolaire libyenne. Ils sont arrivés dans la nuit de lundi à mardi aux Pays-Bas, pays où siège la CPI, a indiqué la Cour.

Melinda Taylor, une avocate australienne travaillant à la défense de Seif al-Islam, ainsi que l'interprète libanaise Helen Assaf, le Russe Alexander Khodakov et l'Espagnol Peralta Losilla, avaient été arrêtés le 7 juin à Zenten alors qu'ils venaient visiter Seif al-Islam, arrêté en novembre.

Selon les autorités libyennes, la délégation a porté atteinte à la "sécurité nationale". Mme Taylor est en effet accusée d'avoir apporté un stylo-caméra lors de sa visite et d'avoir essayé de transmettre à Seif al-Islam une lettre codée de son ancien bras droit, Mohammed Ismaïl, l'un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne.

Après leur libération, les quatre fonctionnaires et M. Song ont été conviés à un déjeuner tardif, selon un journaliste de l'AFP. Ils semblaient en bonne santé, Mmes Taylor et Assaf étant vêtues d'une abaya, une robe traditionnelle ample, et d'un foulard islamique.

Selon le ministre adjoint libyen aux Affaires étrangères, Mohammed Abdelaziz, leur libération intervient dans le cadre d'un accord entre la Libye et la CPI, qui s'est engagée à poursuivre sa propre enquête sur l'affaire et à tenir Tripoli informée.

Il a précisé que les quatre fonctionnaires faisaient toujours l'objet d'une procédure judiciaires en Libye, et qu'un éventuel verdict serait transmis à la CPI pour qu'elle en tienne compte.

"Excuses"

S'exprimant lors de la même conférence de presse, Sang-Hyung Song a remercié les autorités libyennes pour leur travail de médiation avec la brigade d'anciens combattants rebelles qui détenait ses quatre collègues.

"Je tiens à présenter mes excuses pour les difficultés provoquées par ces événements. Il va y avoir une enquête après le retour des fonctionnaires (de la CPI) à La Haye. Toute mauvaise conduite sera sanctionnée de la manière appropriée", a-t-il ajouté.

M. Ajmi, le commandant de la brigade de Zenten, a expliqué à la presse qu'il s'était attendu à ce que des partisans de l'ancien régime cherchent à faire évader Seif al-Islam, longtemps considéré comme successeur potentiel de son père, mais qu'il n'imaginait pas que cela puisse venir de membres d'une institution internationale respectée.

Seif al-Islam, 39 ans, fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour des crimes contre l'humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute puis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.

Les autorités libyennes ont déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre le seul fils de l'ancien dirigeant à être détenu en Libye. Mais elles n'ont toujours pas obtenu que la brigade qui le détient à Zenten depuis son arrestation en novembre le transfère à Tripoli.

Les organisations de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont salué lundi la libération des membres de la CPI, tout en dénonçant leur détention qualifiée d'"inacceptable".
 

LES AUTRES INFOS
NIGER
Exclusif : reportage à Arlit, dans le site d'Areva touché par un attentat
UNION AFRICAINE
François Hollande propose un sommet pour la paix et la sécurité en Afrique
NIGER
Attentats au Niger : les assaillants venaient de Libye, selon le président nigérien
DIPLOMATIE
Cinquante ans après sa création, l’Union africaine se cherche toujours
ALGÉRIE
Hocine Aït Ahmed démissionne après 50 ans passés à la tête du FFS
NIGER
Les attaques au Niger signent-elles le retour de Mokhtar Belmokhtar ?
ÉRYTHRÉE
L’Érythrée, 20 ans d'indépendance et de dictature
ATTAQUES AU NIGER
Une vingtaine de morts dans deux attentats-suicides au Niger
CÔTE D'IVOIRE - REPORTAGE
Les corps de victimes de la crise ivoirienne remis aux familles symboliquement
RD CONGO
Nouveaux affrontements à Goma à la veille de la visite de Ban Ki-moon
TUNISIE
Ansar al-Charia et Ennahda, la rupture
BÉNIN
L'affaire Talon, le polar qui passionne Cotonou
ALGÉRIE
Bouteflika a quitté le Val-de-Grâce pour un autre établissement parisien
ALGÉRIE
Absence de Bouteflika : pour l’opposition, il faut "déclarer la vacance du pouvoir"
ALGÉRIE
La santé du président Bouteflika "s'améliore de jour en jour", selon le Premier ministre algérien
ALGÉRIE
État de santé de Bouteflika: "Pourquoi ne voit-on pas le président à la télévision ?"
NIGERIA
Le Nigeria annonce la libération de toutes les détenues "liées à Boko Haram"
MALI
Aminata Traoré, la militante qui dénonce l'"humiliante ingérence" de la France au Mali