02/07/2012 - LÉGISLATIVES SÉNÉGALAISES

La coalition du président Macky Sall en position favorable

Benno Bokk Yakaar, la coalition qui soutient le nouveau président sénégalais Macky Sall, semble en passe d'obtenir la majorité au Parlement, selon des résultats partiels. Les chiffres définitifs sont attendus pour mardi.

AFP - La coalition soutenant le président sénégalais Macky Sall s'acheminait lundi vers une large victoire aux législatives de dimanche, permettant ainsi au chef de l'Etat élu le 25 mars de pouvoir mener sa politique de "rupture" d'avec celle de son prédécesseur Abdoulaye Wade.

Ce scrutin n'a cependant pas enthousiasmé les électeurs: selon de premiers chiffres officieux obtenus par l'AFP de source proche de la Commission électorale nationale autonome (Céna), le taux de participation tourne autour de 37% après dépouillement de 20% des bulletins.

Ce taux, s'il devait être confirmé, serait nettement en baisse par rapport au second tour de la présidentielle du 25 mars (55%) mais légèrement plus élevé que celui des dernières législatives de 2007 (34,7%), boycottées par l'opposition pour exiger des réformes électorales.

Les premiers résultats officiels provisoires sont attendus mardi, mais les chiffres compilés à Dakar et en province par les médias locaux, dont l'Agence de presse sénégalaise (APS, publique), plaçaient en tête la coalition présidentielle "Benno bokk yaakkar" ("Unis pour un même espoir", en langue wolof).

Elle obtiendrait au moins 100 députés sur 150, selon ces premiers résultats officieux.

La coalition présidentielle est suivie du Parti démocratique sénégalais (PDS) d'Abdoulaye Wade, qui n'était pas candidat, et de la coalition "Bokk gis gis" ("Vision commune", en wolof), coalition de dissidents du PDS dont le président du Sénat, Pape Diop, et celui de l'Assemblée nationale, Mamadou Seck, ainsi que des anciens ministres et directeurs de sociétés publiques.

Au moins trois listes menées par d'influents chefs religieux musulmans devraient également faire leur entrée ou renforcer leur présence à l'Assemblée nationale, dans un pays laïc, mais à 95% musulman.

Vingt quatre listes de partis et coalitions étaient en lice à ce scrutin devant renouveler l'Assemblée nationale sortante, largement dominée par le PDS.

"Gifle à la classe politique"

Elles avaient lieu trois mois après la victoire écrasante (65% des voix) à la présidentielle de Macky Sall face à Abdoulaye Wade, chef d'Etat vieillisant très contesté à la fin de son règne, qui était au pouvoir depuis douze ans.

Le chef de l'Etat avait souhaité une victoire de son camp pour disposer d'une majorité à l'Assemblée nationale lui permettant de mettre en oeuvre sa politique affichée de "rupture" par rapport aux années Wade, ainsi que des mesures économiques en faveur du développement et de lutte contre la pauvreté.

"Les dépités boudent les urnes", titrait lundi Sud quotidien (privé), jeu de mots traduisant le dépit d'électeurs démobilisés.

Pour ce journal, "ce qui vient de se passer ce 1er juillet est une gifle à toute la classe politique. Le pied de nez est manifeste" et "la démocratie gagnerait à très rapidement tourner la page des législatives".

La forte abstention prévisible peut s'expliquer par divers facteurs, selon les observateurs: l'idée selon laquelle l'étape décisive avait été franchie avec la défaite d'Abdoulaye Wade en mars, la mauvaise image de députés considérés privilégiés et peu assidus, la présence d'un trop grand nombre de listes, dix de plus qu'en 2007.

Un chiffre est très attendu, celui du nombre de femmes qui seront présentes à l'Assemblée nationale, actuellement au nombre de 33.

Elle devraient théoriquement être beaucoup plus nombreuses, grâce à une loi adoptée en mai 2010 qui instaure la parité absolue dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives.

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