25/07/2012 - MADAGASCAR

Face-à-face inédit entre Rajoelina et Ravalomanana aux Seychelles

Un round de discussions inédit a commencé aux Seychelles entre le président de la transition malgache et son prédécesseur, à qui il a pris le pouvoir en 2009. Une rencontre cruciale pour tenter de sortir Madagascar de la crise politique.

AFP - Le président malgache déchu Marc Ravalomanana et celui qui l'a renversé en 2009, le président de la Transition Andry Rajoelina, ont entamé mercredi, sur un îlot isolé des Seychelles, un face-à-face inédit et crucial pour tenter de sortir Madagascar de trois ans de grave crise politique.

MM. Rajoelina et Ravalomanana se sont déjà rencontrés depuis la prise du pouvoir par le premier, mais ont toujours évité tout face-à-face direct et plusieurs accords signés par les deux principaux protagonistes de cette crise n'ont jamais permis de trouver une issue.

La signature d'une "feuille de route" vers une sortie de crise, en septembre 2011, n'a notamment débouché sur aucun progrès notable.

"Le face-à-face entre le président de la transition malgache et l'ancien président

malgache a débuté ce matin sur l'île de Desroches aux Seychelles en présence du président sud-africain Jacob Zuma et du président seychellois James Michel", a déclaré mercredi matin une source gouvernementale à l'AFP, sans fournir d'autre détail.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, arrivé mercredi matin aux Seychelles, dirige la "troïka" de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), l'organe de défense de l'organisation régionale. James Michel, qui a invité les deux hommes aux Seychelles, est le président en exercice de la Commission de l'océan Indien (COI).

L'île de Desroches, petite bande de terre émergée de 3 km2 environ, est située à environ 230 km au sud-ouest de Mahé, l'île principale de l'archipel seychellois. Elle n'abrite qu'un hôtel de luxe et une petite piste d'atterrissage.

Les médiateurs de la SADC espèrent que ce face-à-face inédit, à huis clos, à l'abri des médias et sans les autres mouvances politiques malgaches, favorisera un "accord final" entre les deux hommes, décisif pour l'avenir politique de la Grande Ile.

Problème de la candidature de Ravalomanana à la présidentielle

La crise politique, née de la prise de pouvoir de M. Rajoelina, alors maire d'Antananarivo, lors d'une révolte populaire début 2009, s'est doublée d'une grave crise économique et sociale.

La SADC fait pression sur MM. Rajoelina et Ravalomanana pour qu'ils parviennent à cet "accord final" d'ici au 31 juillet, sous peine de désavouer le responsable d'un éventuel échec qui se retrouverait de fait isolé du processus de sortie de crise.

Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina doivent notamment tenter de lever les blocages en vue de l'organisation des élections censées mettre un terme à la transition à Madagascar, dont le calendrier sera publié le 1er août.

Parmi les principales pierres d'achoppement: le retour au pays de M. Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud depuis sa chute, ses démêlés avec la justice et la question des candidatures à la future présidentielle, qui pourrait avoir lieu en mai ou juin 2013.

Marc Ravalomanana a toujours annoncé son intention de rentrer à Madagascar pour se présenter. Mais il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace après la mort de plusieurs dizaines de manifestants abattus par sa garde présidentielle en 2009, des crimes exclus par une loi d'amnistie récemment votée.

Les autorités malgaches ont averti qu'il serait arrêté à son arrivée s'il rentrait au pays. M. Ravalomanana conteste sa condamnation, prononcée selon lui par une cour ordinaire incompétente pour juger le chef de l'Etat.

"La rencontre aux Seychelles aura un impact important s'ils arrivent à se mettre d'accord. (...) Rajoelina a toujours refusé de rencontrer Ravalomanana, mais maintenant je crois qu'il veut trouver un moyen de mettre fin à la crise", a estimé Juvence Ramasy, politologue à l'université de Tamatave (nord-est).

Dimanche, à la veille de son départ pour les Seychelles, M. Rajoelina a été confronté à une mutinerie, dont les revendications sont inconnues, sur une base militaire d'Antananarivo. La mutinerie, qui a fait trois morts dont son meneur, a été rapidement matée.
 

LES AUTRES INFOS
JUSTICE
Les familles des moines de Tibéhirine réclament toujours justice
SOMALIE
Au moins cinq employés de l'ONU tués dans une attaque des Shebab à Mogadiscio
MALI
Mali : les Touareg acceptent la présidentielle mais restent sur leurs gardes
LIBYE
Seïf al-Islam Kadhafi sera jugé en août par la justice libyenne
TERRORISME
Aqmi confirme la mort d'Abou Zeïd au Mali
PEOPLE
Gérard Depardieu souhaite obtenir la nationalité algérienne
TUNISIE
Convoquée par le tribunal de Ben Arous, la journaliste Hind Meddeb fuit la Tunisie
ÉGYPTE - SYRIE
Rupture des relations diplomatiques : Damas dénonce l'acte "irresponsable" du Caire
LIBYE
Violents combats à Benghazi, au moins six soldats libyens tués
AFRIQUE DU SUD
Nelson Mandela "semble aller bien", selon son petit-fils
FRANCE
Condamné pour blasphème en Tunisie, Ghazi Beji obtient l’asile politique en France
TUNISIE
Le rappeur tunisien Weld El 15 condamné à deux ans de prison ferme
ALGÉRIE
La presse algérienne s'interroge sur l'avenir du président Bouteflika
TUNISIE
Les trois Femen condamnées à quatre mois de prison ferme