16/08/2012 - GABON

L'émetteur de la chaîne de l'opposant André Mba Obame vandalisé

L'émetteur de TV+, la télévision qui appartient au principal opposant gabonais, a été incendié la nuit dernière. L'incident intervient alors que des affrontements violents ont opposé les partisans d'André Mba Obame à la police, mercredi.

AFP - L'émetteur de TV+, télévision du principal opposant gabonais André Mba Obame, a été incendié par des hommes armés dans la nuit de mercredi à jeudi et la chaîne n'émet plus, a affirmé à l'AFP son directeur.

Cet incident intervient au lendemain des violents affrontements lors d'une manifestation du parti interdit de M. Obame, l'Union nationale (UN). L'opposition fait état de trois morts, bilan vigoureusement démenti par les autorités qui réfutent tout décès et parlent de "déclaration politico-polticienne".

"Un commando d'une quinzaine de personnes avec des cagoules et des armés ont maîtrisé les cinq vigiles et mis le feu aux émetteurs" situé au 3e étage d'un immeuble du quartier populaire de Nkembo, a déclaré Frank Nguema jeudi matin.

"Ils ont forcé la grille d'entrée avec un pied de biche et fait s'allonger les gardiens. Ils avaient une bouteille avec de l'essence et ils ont mis le feu aux émetteurs", a poursuivi M. Nguema.

M. Nguema a aussi affirmé que TV+ avait subi une coupure d'électricité de 10H00 à 18H00 le mercredi ce qui l'avait empêché de diffuser des reportages sur la manifestation de l'opposition.

"Cet énième sabotage et cet acharnement du pouvoir contre TV+ confirment l'absence de liberté d'expression et de la presse au Gabon", a estimé M. Nguema, soulignant que les autorités ont mis sous séquestre depuis les troubles postélectoraux de la présidentielle 2009 une partie du matériel de la chaîne lui interdisant ainsi une diffusion satellitaire au niveau national et international.

En 2009, un mystérieux commando avait aussi mitraillé en pleine nuit l'émetteur de la chaîne de télévision panafricaine Go Africa.

L'UN, dissous par les autorités en 2011, avait appelé mercredi à une manifestation pour réclamer une "conférence nationale souveraine" en vue d'obtenir une nouvelle Constitution et des élections. Ce rassemblement n'a pas été autorisé par les autorités.

 

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